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Eponine, la petite fille rousse et gracieuse a grandi. Elle vient de fêter ses sept ans avec ses deux amies Odile et Gaia. Gaia a le même âge qu'Eponine. Odile n'a que cinq ans mais elle est de toutes les aventures.
Aujourd'hui, c'est le début des vacances d'été. Eponine a découvert une drôle de cabane en feuillage au fond du parc, juste à l'orée de la forêt. Après le déjeuner, elle rejoint ses amies sur le petit sentier qui relie les deux maisons.
Après conciliabule, elles décident d'explorer cet endroit mystérieux. En courant et riant, elles saluent au passage les arbres du verger. Le gros noyer les suit des yeux pensif et le saule les voit approcher avec appréhension. "Que vont elles encore découvrir, ces petites curieuses ?
Eponine enlève les branches qui cachent le lieu en question, elle ouvre un passage à travers les feuillus, elle arrive bientôt à une porte cachée dans le lierre grimpant, les autres suivent. La porte est fermée à clef. Fébrilement, les fillettes cherchent, leurs petites mains fouillent le sol. Enfin, sous une pierre, la clé est là, brillante.
Eponine l'ajuste à la serrure, la porte s'ouvre dévoilant un escalier cristallin. Déjà Gaia court sur les marches, les autres se lancent à leur tour.
Une autre porte, vitrée cette fois, est décorée d'arabesques. Elles entrent furtivement dans la maison qui semble déserte, un grand hall les accueille, immense .Une baie vitrée entoure cette pièce circulaire laissant entrevoir un jardin féerique empli de fleurs et d'oiseaux.
A droite, dans le couloir, une cuisine ; au milieu, un placard magique… c'est écrit sur la porte ! Dans le fond, un puits grillagé qui s'appelle "Le puit aux songes". Les fillettes sont très intriguées. Au fond du couloir… une chambre ; les murs sont recouverts de soie blanche, au milieu un lit en forme de lune,au plafond pendent des rideaux accrochés à un anneau circulaire. Personne ne semble habiter cette maison de rêve.
Eponine décide de visiter le parc, dehors l'extase est à son comble, un magnifique jardin, des fleurs inconnues mais si belles ! Des oiseaux chantent des mélodies douces, inoubliables. Tout au fond apparaît un petit lac arrondi dans un écrin de falaises roses et de verdure ondoyante. Un sentier descend en pente douce à travers une forêt d'arbres tropicaux. Au loin une maison circulaire, miroite dans une brume impalpable légèrement rosée qui imprègne toute la nature.
Il y a un nom sur la porte. Odile épelle… "Hilaria"
Une cloche ! Gaia s'empresse de sonner, une dame très grande, d'une beauté saisissante ouvre la porte. "Bonjour madame" chantent les enfants avec un bel ensemble "Bonjour les enfants, quelle surprise ! Entrez vite, c'est l'heure du goûter, vous me raconterez d'où vous venez ? "Tout de suite, dans la cuisine, les enfants ont repéré le placard magique .La dame s'en approche, appuie sur des boutons et, instantanément, un plateau garni de jus succulents, de fruits merveilleux et de glaces multicolores apparaît. Après avoir mangé avec appétit toutes ces choses délicieuses et si légères, curieuse, Eponine se fait expliquer ce placard magique.
D'abord, raconte Hilaria, ici sachez que nous habitons "Le royaume d'en haut". Ce placard nous sert de garde manger, il nous apporte tout ce dont nous avons besoin, il suffit de presser sur les boutons en pensant à nos envies et cela apparaît, c'est magique Et le puits aux songes ? demande Odile". "Ha, je vois que vous avez visité la maison de la fée Bietrix ! Voyez-vous, c'est une fée qui se promène un peu partout dans les galaxies. Ici, dans sa maison, elle fait des stages pour les fées débutantes, elle les initie à réaliser leurs souhaits et le puits est un de ses outils. Si vous avez la chance de la rencontrer, peut-être vous prendra t-elle comme élèves !"
"Maintenant, racontez-moi votre aventure, je pense que vous venez du royaume du milieu. Mais comment êtes-vous arrivées jusqu’ici ?".Eponine raconte et Hilaria est très étonnée par cette porte ouverte entre les deux royaumes. Elle pense que la fée Bietrix qui se promène partout ouvre des portes intempestivement. Eponine se met à penser qu'elle aussi aimerait bien connaître la vie de la belle dame.
Aussitôt, comme si elle lisait dans les pensées, dame Hilaria leur conte son histoire. "Autrefois, il y a bien longtemps, j'étais une très jeune fille". "Quel âge avez-vous ? demande Gaia". "Bientôt sept cent ans, ici nous vivons très vieux."
Donc, j'étais jeune et un peu aventurière, je partais en randonnée une semaine, ou même plusieurs mois, je visitais des contrées très lointaines. Un jour où j'étais allée encore plus loin que de coutume, je me suis trouvée confrontée à un incendie gigantesque, une barre de feu me barrant la route, je me suis mise à longer le feu et bientôt une rivière se mit à couler à mes pieds. J'entre dans la rivière et j'aborde l'autre rive. Un paysage aride s'offre à mes yeux. Le soleil est brûlant et bientôt la fatigue me gagne. J'aperçois au loin une maison et un homme qui joue d'un instrument bizarre au son aigrelet. Je m'approche, il me dévisage avec curiosoté "J'ai soif et je suis perdue, pouvez vous m'aider ?"."Bien sûr. Je m'appelle Némo, Némo le berger ! Entrez, je vous offre du fromage ou du lait de mes brebis ?"
Je m'installe. La hutte paraît simple et rustique
"D'où viens-tu ? Que fais tu dans nos montagnes ? Tu es perdue ?" me demande le berger". "C'est cela, je me suis perdue depuis plusieurs jours, je ne sais plus d'où je viens, j'ai oublié mon nom".
Alors, tu n'as plus de famille ?"."Non, plus de famille, je suis seule au monde". Il me propose de rester et de l'aider à faire ses fromages, ce que j'accepte avec empressement ; de toute façon, je suis incapable de retrouver le chemin du royaume d'en haut, le mieux est de rester ici et de vivre dans ce royaume-ci. Je décide de garder le secret sur mes origines, il ne comprendrait rien à mon histoire.
Le dimanche suivant, la famille de Némo arrive à la transhumance avec des victuailles. Némo me présente et tout le monde semble ravi de me touver là. A l'automne, nous sommes descendus dans la plaine. Némo m'accompagne à la gendarmerie pensant que j'ai perdu tout souvenir de ma vie passée. A la ferme, on me propose de travailler à la laiterie,ce que j'accepte. Au moment des fêtes de fin d'année, Béa, la maman de Némo m’invite dans sa chambre. "Ecoute, Eglantine !", c'est le nom que l'on m'a donné, "Némo est très amoureux de toi, veux-tu l'épouser ? Si tu acceptes, nous irons voir le curé après la messe dimanche. Réfléchi !"
"Pour résumer, car il se fait tard, je vous dirai simplement que mon mariage fut très heureux. Deux enfants sont nés de cette union. Après la mort de Némo, je suis restée encore vingt ans entourée de mes enfants et petits enfants, puis la nostalgie du royaume d'en haut a transporté mon esprit ici et mon corps l'a suivi. Depuis, j'ai repris mon existence ici paisible et lumineuse et je suis ravie de rencontrer des enfants du royaume du milieu, merci de votre visite, n'hésitez pas à revenir me voir, je serai toujours là pour vous. "
Eponine consulte sa montre. "Il est tard, les parents vont s'inquieter, filons !".
"Au revoir les enfants, partez vite ! En effet, les parents s'inquiètent vite au royaume du milieu, à bientôt".
Les parents, en effet, commençaient à paniquer. "Où étiez vous encore ? Goûter chez Julie (la voisine), comme d'habitude ?"
Les enfants adoptent le profil bas et ne parlent pas de leur aventure. Après tout, les parents ont, eux-mêmes, trouvé une explication. Pourquoi les contrarier ?
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Le reve d'un oiseau
Dans la prairie de la maison des bois, Eponine et sa jolie jument blanche au galop aérien tournent et dansent sur l'herbe rousse. Elles s'envolent, irréelles, dans la lumière dorée de cet automne précoce.
Eponine, épuisée, libère la jument et court s'étendre sur la mousse moelleuse à l'ombre de son arbre préféré. Dame chouette ouvre un œil. L'enfant, joyeuse, lui conte sa randonnée. Soudain, elle s'arrête au milieu d'une phrase ; est-elle bête de s'enthousiasmer ainsi pour une simple course à cheval !
Ce doit être tellement plus excitant de voler, de partir à tire-d’aile à travers l'immensité vide et bleue du firmament,! Eponine songe avec tristesse que jamais elle ne pourra connaître les sensations d'un envol vers le grand large et la liberté. "Quelle chance tu as, toi, la chouette ! Raconte-moi un peu tes voyages au gré du vent, à la recherche de la lumière du soleil levant. "Tu sais, répond la chouette, moi, je ne vole que la nuit. Rêve plutôt à l'alouette si tu veux rendre visite à l'astre du jour."
"Si tu le veux très fort, je peux pour une heure transporter ton esprit dans le corps d'une alouette. Regarde-moi dans les yeux... dans les yeux... Doucement, l'enfant se sent devenir oiseau ! Elle file à toute vitesse en direction d'une lumière éblouissante, un bonheur intangible l'envahit, elle se sent légère... légère... aucun souci ne l'habite, elle est sans attache, libre. Une route étincelante s'ouvre devant elle. Elle s'y engouffre avec béatitude. Les prés, les champs minuscules, défilent sous ses yeux dans un miroitement de couleurs, tel un puzzle géant. Un océan de couleurs bleues, enrubanné de nuages cotonneux, vogue dans son sillage. Voici une ville, des fumées noires montent vers le ciel l'obscurcissant. L'oiseau se sent happé par un tourbillon de pensées sombres et poisseuses. Ses ailes lui collent à la peau, il se sent mal.
Les mauvaises pensées des hommes montent ainsi vers le lieu de leur devenir. Pour échapper à cela, vite il faut prendre de la hauteur. Là le ciel se dégage sur un arc-en-ciel de pensées bleues, mauves et roses qui s'en vont rejoindre les Anges. De retour à leurs destinataires, elles apporteront de l'amour, de la joie et de l'allégresse.
Un Ange s'approche : "Est ce que je suis au paradis ?" demande l'oiseau curieux. "Non, répond l'Ange, nous sommes dans la mer des pensées et des désirs humains. C'est ici que se fabrique le bonheur ou le malheur, chaque pensée se concrétise pour retourner ensuite à son propriétaire. Les hommes construisent ainsi, eux-mêmes, leur chance ou leur revers. "L'Ange s'éloigne, d'autres oiseaux entourent l'enfant, moitié oiseaux moitié femmes, ce sont les peintres, les décorateurs aux pinceaux invisibles qui, tantôt malicieux, tantôt romantiques ou magiques dessinent la forme des nuages des aubes et des crépuscules. Ils trempent leur palette dans les flots moirés de l'océan, dans l'eau glauques des étangs ou l'onde limpide des fleuves et des torrents. Plus loin, des petites fées minuscules, des elfes graciles aux ailes éthérées forment des rondes en se tenant par la main. Elles chantent de douces mélopées qui endorment les enfants et les emmènent au pays des rêves. Elles descendent sur la terre, les fleurs sont leurs berceaux préférés, elles aident à guérir les hommes grâce à leurs parfums nichés au creux des bouquets que l'on offre aux malades. La promenade se termine par un dernier vol acrobatique, l'esprit sort de l'oiseau et retourne dans le corps d'Eponine, endormie, qui s'éveille de ce merveilleux voyage.
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